Octobre 2009
Les travaux du nouveau viaduc ont commencés à la Brohinière,

cette déviation permettra, aux camions, voitures qui viennent de la 4 voie,
(fréquence de passage actuelle: 700 passages par jour), et qui se dirigent vers la Zone de la Brohinière, de contourner notre petit village. Les habitants retrouveront la quiétude, leur
vie, pourtant, a toujours été mouvementé, lieux de passage, de travail, zone de frêt, on dit que ce village a été créé pour les cheminots qui y vivaient nombreux à l'époque.
La maman d'une amie, a vécu ici dans une maison qui borde l'ancienne voie ferrée de Rennes / Mauron, son père était chef de gare. Durant la guerre, un énorme bombardement dont les anciens ici se
souviennent encore, a pulvérisé plusieurs maison sans heureusement faire de mort, le jeune frère de cette dame, se trouvait dans son jardin quand un obus à déraciné le sapin géant qui y
trônait, il en a été traumatisé durant des annnées, les habitants effrayés ne savaient où se cacher. C'était juste avant la libération, nos libérateurs, visaient ces zones que les allemands
contrôlaient.
La plate forme qui se trouvait juste en face de notre maison, était particulièrement visée par ce bombardement, c'était une plate forme d'échange où on déchargeait les wagons "métriques" (trains
surnommé "la Chiotte") pour charger les wagons du nouveau Chemin de fer, (problème d'écart entre les essieux). Suite au bombardement une traverse s'était retrouvée fichée dans la façade de notre
maison, nous n'avons pu retrouver les clichés de l'époque, la maison en a gardé des traces, une longue fissure lézarde la façade.
D'autres histoires moins racontables courent encore autour de cette période trouble, j'aime à écouter nos aînés parler, j'essaie de noter ce que j'entend, et de restituer le plus fidèlement
possible, serait il possible un jour que l'on fasse une exposition sur ce que fût la Brohinière et sur ce qu'elle est devenue actuellement.
Quelques voisins possèdent de belles photos et gravures de l'époque, on retrouve ces cartes postales sur Internet, on peut les acheter, en ligne, car les images affichées que l'ont peut
télécharger sont très petites . voir précédent article
http://martinefrappin.over-blog.fr/article-23203274.html
Quelques maison vont être abattues sur la route de la chapelle Saint Maurice, je m'y suis opposée au cours du dernier Conseil Communautaire qui s'est déroulé à la Mairie de Montauban.
C'était un mercredi, je venais le matin même, d'ouvrir le journal et d'y voir les réfugiés à Rennes, qui vivent dans la rue, hommes, femmes, enfants. qui trouvent un abri temporaire, le temps
de se restaurer, se laver et qui le soir ou dans la journée sont rejeté dehors, par ce temps, c'est cruel, même si la température en ce mois d'octobre 2009 est plutôt clémente.
Nous vivons une drôle de période, où des humains vivent dehors comme des animaux, dans une société riche comme la notre ce n'est pas admissible, c'est pour cette raison que j'ai voté
"contre" ces démolitions (environ 5 maisons) dont certaines acquises par la communauté de commune (payées à un prix correct aux propriétaires que l'on a aidé pour retrouver un logement ) sont
très habitables. Elles auraient pu être prètées pour loger des personnes dans le besoin, le temps que les travaux de déviation de cet axe, commencent.
Notre village fut un lieu de vie très animé, il y avait une école sur la route qui menait à RN 12 et une deuxième sur la route de la Ville Codet, une épicerie, une
boucherie, le boucher avait une camionette et faisait la campagne, allant de maison en maison, son chien le suivant, mais ne montant jamais à l'intérieur, à cause de l'hygiène. Dans notre
maison c'était la boulangerie, et avant la boulangerie, au début du sciècle, (la maison date de 1915) m'a dit notre voisin du village de la Haute Brohinière il y avait une minoterie, on ne sait si
un moteur diésel faisait tourner la trémie, pour écraser le grain, les sacs de grains étaient montés à dos d'homme.
Nos planchers peuvent en témoigner, sont ils de l'époque?, quelque chose me dit que oui, l'épaisseur, plus de 3 cm d'épaisses lattes de sapin, à chaque étage.
C'est pour cela que notre maison ressemble à un moulin, elle est toute en hauteur, lorsque le vent souffle, on se croirait dans un bateau, la Brohinière est entre deux collines ce qui provoque
des turbulences.
Depuis un mois, les camions et les engins de chantier se succèdent sur les routes, les ouvriers arrivent de bonne heure à 7H 30 ils sont déjà là, commençant dès le lever du jour, la danse
incessante des véhicules, un monticule de terre nous barre la vue, nous savons que ces travaux vont durer pendant plus de 18 mois. Des tonnes de caillasse sont déversées à l'endroit du futur
axe.
Pour l'instant c'est le terrassement qui s'effectue, la semaine prochaine ce terrassement doublera de hauteur, de 6 mètres, il va s'élever à 12 mètres, viendra ensuite le coulage des piliers du
pont, c'est un pont remblayé de terre et dont les abords seront plantés qui va s'édifier, il fera plus de 100 mètres de long, il surplombera la voie ferrée.
Notre plus proche voisin surveille de près ces travaux qui se trouvent juste au bout de sa propriété, il est vrai que c'est intéressant à observer, ça fait beaucoup de bruit, de
poussière les jours de beau temps, de boue, les jours de pluie. Il a du vendre une partie de son jardin, (le poulailler a disparu), les poules ont trouvé refuge dans une remise, elles ne
semblent pas trop traumatisées, ( l'épouse de ce monsieur tenait un café et était garde barrière, il y a très longtemps). près de la maison où il habite il y avait une forge,
elle était atenante au café.