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  • : Le blog de Martine Frappin
  • : Martine Frappin est candidate ps aux élections de 2008, pour le canton de Montauban-de-Bretagne. Femme de gauche avant tout, elle est particulièrement engagée dans les questions de l'environnement et du développement durable.
  • Contact

Bonjour à tous !

" Je vous encourage dès maintenant à me faire parvenir vos remarques et vos doléances, car je souhaite être la candidate du renouveau, de l'ouverture, et du dialogue. Cet espace d'échanges vous est  donc destiné et sera quotidiennement complèté gâce à votre participation."
Merci à vous
                                                                                                                      Martine F.

9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 12:00

Solidarité Paysans de Bretagne

17 rue de Brest

35000 RENNES

tél 02 23 30 46 91

solidaritepaysansbzh@yahoo.fr

 

Rennes le 15 mars 2012

 

 

 

Madame,  Monsieur,

 

 Les bénévoles, administrateurs et accompagnants de l’association SOLIDARITE PAYSANS DE BRETAGNE se sont mobilisés durant le dernier trimestre 2011 pour vous rencontrer.

Ces entrevues se sont bien passées, l’accueil et les échanges ont été positifs, nous avons à chaque fois constaté votre intérêt et votre soutien à notre action.

 

L’adoption fin juin par le Conseil Régional de la « Nouvelle Alliance », définissant les nouvelles orientations agricoles : « Cette nouvelle Alliance a pour vocation de favoriser une production plus autonome et durable, ainsi qu’une meilleure maîtrise de leur revenu par les agriculteurs » (Jean Yves LE DRIAN éditorial d’introduction au texte de la Nouvelle Alliance) nous laissait entrevoir la prise en compte et un soutien de notre action, souvent classé comme relevant de l’aide sociale mais surtout pertinente au niveau économique.

 

Le document qui vous a été présenté à cette occasion expliquait comment SOLIDARITE  PAYSANS de BRETAGNE pouvait être acteur dans cette nouvelle politique.

 

Il n’en a rien été, le dossier a été rejeté et nous venons seulement de l’apprendre.

 

Nous nous interrogeons donc sur les choix faits par le Conseil Régional de Bretagne quant à la mise en place de ses nouvelles orientations agricoles :

 

Ê      Comment promouvoir et aider une politique agricole dynamique d’occupation du territoire? En 2009, il y avait 695 candidats à l’installation pour 224 exploitations disponibles en Bretagne, alors même que le taux de remplacement d’une génération dans l’agriculture est de 42% (ADASEA 2009) : Un vrai défi !

 

Ê      Comment accorder la priorité au foncier agricole et à l’installation, pour répondre à l’enjeu démographique et garantir le maintien d’une agriculture à taille humaine sur les territoires, alors qu’aujourd’hui la majorité des installations se font en société et contribuent à la concentration des moyens de production, et donc à la désertification de certains territoires : Un vrai défi !

 

Ê      Comment accompagner l’évolution de tous les systèmes de production vers plus d’autonomie, afin de retrouver la maîtrise de la décision sur l’exploitation alors que l’évolution décrite dans le paragraphe précédent conduit inexorablement à déléguer certaines tâches à des prestataires de services, et donc à amputer la capacité de décision des agriculteurs sur leur exploitation : Un vrai défi !

 

 

 

Notre activité montre que :

Ê      Nos interventions se situent majoritairement dans des zones agronomiquement plus difficiles : Centre Bretagne, Pays de Redon…….. et que donc, notre participation au maintien d’une activité économique sur la totalité du territoire Breton est incontestable.

Ê      75 % des agriculteurs que nous accompagnons (qui dans bien des cas ont un avis de cessation d’activité des commissions AFEA - Agris-diffs) pérennisent leur emploi et donc la vie de leur exploitation, ce qui permet de préserver des sites d’exploitations, mesure indispensable à toute politique d’installation visant au maintien d’une agriculture à taille humaine sur les territoires.

Ê      L’accompagnement que nous proposons aux agriculteurs les conduit à retrouver de l’autonomie dans leur décisions, mais aussi, en modifiant leur modèle de production vers une agriculture plus attachée au sol, à les rendre moins dépendants des entreprises de l’agro fourniture, et plus respectueux de l’environnement.

 

Nous sommes donc surpris par l’argument avancé par le Conseil Régional pour rejeter notre dossier, «votre activité n’est pas une action nouvelle » alors que précédemment, l’argument était nous n’intervenez pas dans le champ économique, vous relevez du social donc des Conseil Généraux ?

 

Nous nous posons légitimement la question du positionnement du Conseil Régional de Bretagne avec la mise en place de la « Nouvelle Alliance ».

Ne sommes nous pas dans une posture d’affichage : 80 000,00 € de subventions en moyenne accordés à 3 producteurs pour la mise en place d’usine de méthanisation (dont le rendement énergétique est discutable sans apport des productions de terres agricoles autres que du lisier de porcs), qui ont déjà touché le maximum de subventions dans le cadre des mises aux normes PMPOA et traitement des effluents agricoles cela affiche une volonté de prise en compte des problèmes d’environnement certes, mais dans le cadre d’unités de productions concentrées donc contraires aux priorités de la « Nouvelle alliance » . Cette décision résout surtout le problème de trois producteurs de porcs ?

 

Cette même somme, représente à peu près le double de la demande que nous avons déposé en 2011, (48 000,00 €) et redéposée en 2012, qui nous permettrait d’accompagner  160 agriculteurs et donc de participer à la mise en place d’une réelle politique agricole alternative soucieuse du revenu des agriculteurs, du maintien de l’emploi et de l’occupation harmonieuse du territoire.

 

Le rejet de notre demande va donc nous conduire à un licenciement courant d’année et à l’incapacité de conduire dans de bonnes conditions notre mission. 

 

Afin de bien faire comprendre notre travail, nous vous invitons à une journée portes ouvertes que nous organisons à destination des élus territoriaux des Conseil Régional, Conseil généraux et communes. Cette journée se tiendra chez

 

 

Ê      11h30 - 13h30 : Pique – nique

Ê      14 heures

  • Présentation de Solidarité Paysans de Bretagne
  • Témoignages sur notre travail
  • Débats et Conclusions
 

Mr et Mme Jean Charles et Sarah HUGUET

              à : Landrouin 35380 MAXENT.

            Le : mardi 10 avril 2012

           De : 11 heures 30 à 15 heures 30

 

Ils témoigneront, avec d’autres du travail que nous avons conduit dans leur exploitation, des solutions  mises en place pour pérenniser leur emploi.

D’autres agriculteurs témoigneront à cette occasion que notre devise : « Le parti pris des paysans debout », des agriculteurs acteurs de leur redressement, permet à Solidarité Paysans de Bretagne d’être un acteur légitime et efficace quant à des objectifs définis par la « Nouvelle Alliance »:

Ê      Accorder la priorité au foncier agricole et à l’installation, pour répondre à l’enjeu démographique et garantir le maintien d’une agriculture à taille humaine sur tous les territoires ;

Ê      Accompagner l’évolution de tous les systèmes de production vers plus d’autonomie, afin de retrouver la maîtrise de la décision sur l’exploitation ;

 

Comptant sur votre présence à cette journée qui sera largement annoncée dans la presse mais aussi sur votre soutien pour le dossier « Nouvelle Alliance que nous avons déposé pour l’année 2012,

 

Recevez Madame Monsieur, nos cordiales salutations ;

 

Le Président, Serge BUET

 

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 11:57

Solidarité Paysans de Bretagne, association d'accompagnement d'agriculteurs en difficulté, développe sur la région depuis 26 ans un service d'aide auprès de ces agriculteurs.

 

Le nombre d'agriculteurs et d'exploitations a diminué de manière drastique sur les 10 dernières années :

>    diminution de  21 300 agriculteurs de 2000 à 2010

>    diminution de 16 800 exploitations sur la même période 

Moins d'agriculteurs, mais le nombre de personnes accompagnées pour difficultés financières augmente...

 

Solidarité Paysans développe une approche globale en binôme (salariés - bénévoles) dont les résultats sont incontestables.
75 % des gens que nous accompagnons pérennisent leur emploi, ce qui représente en 2011, 141 emplois préservés, alors que souvent ces agriculteurs avaient reçu un diagnostic de cessation d'activité par les instances administratives (AFEA - Agri Diffs) de gestion des agriculteurs en difficulté.

Ce travail n'est pas insignifiant lorsque l'on sait que la plus grosse partie de nos adhérents travaille dans les zones bretonnes agronomiquement les plus difficiles. Solidarité Paysans de Bretagne participe donc au maintien d'une activité économique sur tout le territoire breton avec ses conséquences positives sur le lien social et le maintien des services publics.
Nous participons également au maintien d'une politique dynamique d'installation : pour transmettre des fermes, il faut protéger les sièges d'exploitations existantes.

Solidarité Paysans de Bretagne rencontre des difficultés financières qui ont été jugulées pour le moment au prix de gros efforts consentis:
  ¤  Par les salariés qui ont accepté une diminution de 10 % de leur rémunération, qui ne s'est pas traduit ou difficilement par une baisse du temps de travail compte tenu du niveau élevé des appels
  ¤  Par les bénévoles qui ont accepté de renoncer à l'indemnité kilométrique qui leur était octroyée dans le cadre de l’accompagnement.

Certains de nos soutiens financiers baissent.

Pour faire mesurer aux agriculteurs, institutions et personnes intéressées les enjeux du maintien d'une association comme la nôtre, pour faire connaître notre travail, mode d'intervention et résultats, nous organisons une

journée Portes Ouvertes

le mardi 10 avril

de 11 h 30 à 15 h 30

chez M. et Mme Jean-Charles et Sarah HUGUET

à Landrouin 35380 MAXENT

-11h30 - 13h30 : Pique – nique

-14 heures :

>Présentation de Solidarité Paysans de Bretagne

>Témoignages sur notre travail, notre pratique (écoute, approche globale, traitement de l'endettement)

>Témoignages d'agriculteurs accompagnés

> Débats et conclusion


En pièce jointe, un courrier que nous avons adressé aux élus du Conseil Régional de Bretagne et le plan d’accès au site.

Information à diffuser sans modération dans vos réseaux, ou auprès de toutes personnes concernées pour nous soutenir.
L'issue pour nous étant de pouvoir travailler dans des conditions décentes, de pouvoir répondre correctement aux attentes des agriculteurs qui nous appellent.

Sans ce soutien, c'est un licenciement à très court terme

Merci et cordiales salutations

 

Patrick BOUGEARD
Coordinateur Régional

Solidarité Paysans de Bretagne
17, rue de Brest  - 35000 RENNES
Tel   : 02.23.30.46.91
 Port : 06.29.73.01.66
 Fax  : 02.99.41.90.35
 solidaritepaysansbzh@yahoo.fr 

 

Pour s’y rendre :

RN 24 Rennes-Lorient, sortir soit à Treffendel soit à Plélan le Grand, direction Maxent.

FLECHAGE à partir des bourgs de MAXENT et BAULON (la ferme se trouve à peu près à mi-chemin de ces deux communes, quand on va vers Baulon prendre une petite route à droite).

Tél : 06.29.73.01.66 (Solidarité Paysans de Bretagne)          

 

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 23:09
Chers amis,

 

Le 15 octobre, journée des femmes rurales, a été pour nous l’occasion de rappeler que les femmes paysannes, qui produisent la majorité de la nourriture consommée dans les pays du Sud, restent les grandes oubliées des politiques agricoles. Elles constituent pourtant le meilleur rempart contre les crises alimentaires et c’est pourquoi nous appelons le G20 à prendre en compte leurs besoins spécifiques. Ce test amusant ne vous demandera pas plus de trente secondes, et vous permettra de rendre ces paysannes visibles…

Afin de pousser pour que le Sommet du G20 prenne en compte nos demandes, et pour que les médias s’en fassent l’écho, nous avons remis le 18 octobre les 31539 signatures recueillies dans le cadre de la pétition « Ne jouez pas avec notre nourriture » au ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire. Attac, Artisans du Monde, la Confédération Paysanne, Oxfam et Peuples Solidaires/ActionAid ont effectué cette remise en marge du Comité de la sécurité alimentaire mondiale de l’ONU, à Rome. Nous vous remercions de votre soutien dans le cadre de cette campagne.


Remise de la pétition au Ministre de l'Agriculture

Pour peser encore plus sur les décisions qui seront prises par le G20, rejoignez-nous à Nice le 1er novembre !

Aujourd’hui, vous pouvez faire davantage encore : rejoignez-nous à Nice ! Participez avec nous à la manifestation face au G20, le 1er novembre, et aidez-nous à porter les ballons géants de Peuples Solidaires/ActionAid pour que nos idées soient visibles de loin. Le 2 novembre au matin, vous pourrez aussi prendre un bain de mer à Nice, et vous mouiller pour vos idées – le G20, lui, est frileux et peine à défendre les intérêts du plus grand nombre. Si vous pouvez nous rejoindre, merci de nous contacter au plus vite : c.nelh@peuples-solidaires.org

Solidairement,

Toute l'équipe de Peuples Solidaires.

Vous recevez ce bulletin en version électronique parce que vous en avez fait la demande ou parce que nous ne connaissons pas votre adresse postale. Si vous souhaitez le recevoir par courrier, indiquez-nous simplement vos coordonnées en répondant à ce message.

Cliquez ici si vous souhaitez résilier ou modifier votre inscription.
Contact : 10 quai de Richemont - 35000 Rennes (02 99 30 60 53)
Fondée en 1983, Peuples Solidaires est une association de solidarité internationale au service des hommes et des femmes qui, partout dans le monde, luttent pour leurs droits économiques et sociaux. Peuples Solidaires informe le public, mobilise les citoyen-ne-s, alerte les médias, fait pression sur les décideurs-ses et appuie les organisations de la société civile au Sud. Peuples Solidaires rassemble 10 000 membres individuels, 70 groupes locaux et est membre associé d'ActionAid international.
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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 23:00

 

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 21:34
Les problèmes environnementaux liés à certaines pratiques agricoles ont été mis en avant par des scientifiques et agriculteurs dès les années 1970. En 1983 le ministre de l'environnement avait même décrété "l'urgence pour l'eau en Bretagne".
Bruno Le Maire voudrait nous convaincre que son ministère a pris le virage de l'environnement…
Manque de cohérence et de volonté politique.
Si le Grenelle a marqué une certaine avancée, les propos du président de la République : "Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d'environnement. Parce que là aussi ça commence à bien faire", ont amorcé un renoncement qui s'est concrétisé en août par l'annonce d'un "moratoire sur les obligations environnementales". Le chef de l'Etat ne devrait donc pas s'offusquer de l'effet boomerang de sa petite phrase et des réactions de plus en plus vives qui se font jour.
Bruno Le Maire souligne les progrès en s'appuyant sur quelques pratiques qu'il juge exemplaires. Premier exemple : les pratiques rotationnelles qui permettent de réduire les pesticides et la pollution des nappes phréatiques. Pourquoi le gouvernement autorise-t-il alors des dérogations permettant des monocultures aux effets particulièrement néfastes sur les sols et la ressource en eau ? Pourquoi le gouvernement vient-il de reculer, face aux pressions des maïsiculteurs irrigants, dans l'application d'une disposition de la loi sur l'eau visant à réduire les prélèvements dans les zones à fort stress hydrique ? Pourquoi a-t-il en 2010 accordé soixante-quatorze dérogations pour des usages normalement interdits de pesticides ?
Deuxième exemple : la gestion des effluents d'élevage par la méthanisation. Si la méthanisation peut être en soi une technique d'avenir, elle ne résout en rien le problème de l'épandage d'azote et donc des nitrates à l'origine de trente ans d'algues vertes. Seule une réduction de la taille des élevages permettra de réduire à la source les excédents d'azote.
C'est ce que vient de conclure le comité scientifique chargé de l'évaluation du plan gouvernemental "algues vertes" : les experts prônent une "forte réduction de la pression agricole" pour avoir une chance d'atteindre les objectifs européens 2027 de bon état des cours d'eau. Or plus de 800 millions d'euros de fonds publics ont déjà été investis pour réduire les taux de nitrates en Bretagne mais sans grand résultat car dans le même temps l'Etat laissait s'accroître la taille des élevages. Et le gouvernement s'obstine : il vient de prendre un décret facilitant la concentration des élevages sans enquête publique ni étude d'impacts !
Le contribuable appréciera.
En refusant de distinguer entre les modes de production durables et ceux qui ne le sont pas, en minimisant des réalités que chacun peut constater chaque été, Bruno Le Maire se comporte davantage en ministre de certains agriculteurs qu'en ministre d'une agriculture durable, d'une alimentation saine et d'un aménagement équilibré du territoire. Il occulte ainsi le vrai scandale, pourtant dénoncé plusieurs fois par la Cour des comptes, que constituent d'une part "l'insuffisante volonté de l'Etat de remettre en cause des pratiques agricoles marquées parl'encouragement au productivisme" et, d'autre part, l'immense gaspillage des deniers publics utilisés à la fois pour soutenir des systèmes de production à forts impacts sur les ressources naturelles (pollution de l'eau…) et pour remédier à ces mêmes impacts (dépollution…). Selon la Cour des comptes, en matière agricole, le principe du pollueur payé prévaut sur celui du pollueur payeur. Ce n'est pas le ministre mais le contribuable qui devrait être partagé entre colère et indignation !
La bonne intelligence prônée par le ministre, c'est de reconnaître les excès de l'agriculture industrielle et non de la défendre coûte que coûte lorsqu'elle est à juste titre pointée du doigt. N'oublions pas que beaucoup d'agriculteurs y ont perdu leur emploi et parfois leur santé.
DES ENGAGEMENTS CLAIRS ATTENDUS EN VUE DE LA RÉFORME DE LA PAC
Au niveau européen, Bruno Le Maire apporte un soutien ambigu au verdissement de la politique agricole commune (PAC). Il prône une harmonisation des normes environnementales entre les vingt-sept ce qui est utile, mais insuffisant. En effet cela n'induit pas une redistribution des aides – aujourd'hui injustement réparties – en faveur de l'agriculture durable. Si notre ministre veut réconcilier agriculture et environnement, nous attendons qu'il revalorise dès cette année, dans le cadre du bilan de santé de la PAC, les soutiens à l'élevage extensif, la culture durable des légumineuses et l'agriculture biologique.
Et, pour l'après 2013, nous attendons qu'il s'engage clairement en faveur d'un verdissement qui soutienne les systèmes de production les plus vertueux pour l'environnement et l'emploi (agriculture biologique, systèmes herbagers, grandes cultures intégrées …). Si la France est vraiment en faveur d'un verdisement de la PAC, qu'elle se prononce pour un "paiement vert" obligatoire au niveau de l'exploitation et représentant au moins 50 % des paiements directs. Seule une incitation forte permettra à l'agriculture française de basculer vers des systèmes de production durables.
Pour mieux saisir les possibilités d'un tel basculement, le ministre devrait aller à la rencontre des dizaines de milliers d'agriculteurs qui ont choisi de faire de ces "contraintes environnementales" un atout au service de leur revenu. Nous soutenons avec force ces paysans qui ont su s'extraire d'une folle course à l'intensification imposée par un système agro-industriel fortement intégré dont les agriculteurs ne constituent qu'une variable d'ajustement.
La PAC, injuste, asociale et non écologique, connaît une grave crise de légitimité. Il faut arrêter de gaspiller l'argent public dans un modèle agricole industriel à bout de souffle. Il faut investir dans les agricultures d'avenir, riches en emplois et socle de la vitalité de nos territoires. C'est pour cela que nous soutenons une PAC forte, à budget constant, avec un soutien au revenu plafonné à l'actif et àl'exploitation, à même de réconcilier agriculture, emploi, environnement etsanté. Mais si le verdissement annoncé s'avérait trompeur, notre responsabilité à l'égard des contribuables et de la société civile nous obligerait à retirer notre soutien. La France, acteur-clef dans cette négociation, a une lourde responsabilité.
Signé par un collectif d'associations agricoles, environnementales et de santé environnementale
Isabelle Autissier et Serge Orru, respectivement présidente et directeur général du WWF-France ;
Dominique Bernard, président de Agir pour l'environnement ;
Jacques Berthelot, chargé des politiques agricoles, Solidarité ;
Allain Bougrain Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux ;
Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne ;
Jérôme Dehondt, porte-parole du Miramap ;
Daniel Fillon, président d'Interafocg ;
Jean Yves Griot, secrétaire général du réseau Cohérence ;
Jo Hervé, président d'Eau & Rivières de Bretagne ;
Franck Laval, président de Ecologie sans frontière ;
Didier Lorioux, président de la Fédération nationale des CIVAM ;
Dominique Marion, président de la Fédération nationale d'agriculture biologique (FNAB) ;
Audrey Massie, présidente du Mouvement rural de jeunesse chrétienne ;
Sandrine Maty, présidente du Réseau action climat ;
Jacques Morineau, président du Réseau agriculture durable ;
Raymond Penhouet, président de la Fédération associative pour le développement de l'emploi agricole et rural (Fadear ) ;
Hubert Pesquet, président du réseau Association de formation et d'information pour le développement d'initiatives rurales (AFIP) ;
Joseph Racapé, administrateur de l'Association 4D ;
François Veillerette, porte-parole de Générations futures.
Nous vous proposons d'interpeller le Ministre de l'Agriculture en appui à cette déclaration inter-associative

>>>
COMMENT  AGIR ?

> signer en ligne
 
> signer par courriel

C'EST FACILE : A VOUS DE SUIVRE LES 6 ETAPES SUIVANTES :
1- Copiez LE TEXTE À ENVOYER ci-dessous entre les ############
2- Ouvrez un nouveau message et collez le texte
3- Signez le : prénom, nom, adresse, ville
4- Rajouter l'objet de votre  choix : 
:pour un verdissement de la PAC
5- Adressez votre message aux  adresses suivantes :

Vérifiez que les  adresses apparaissent bien

6- Envoyez le message

Par cette action, vous ferez connaître votre opinion au Ministre de l'Agriculture et à Cyber @cteurs pour nous permettre d'évaluer l'impact de cette action.

############

Prénom, Nom
Profession :
Adresse :
Localité :
Pays :


Monsieur le Ministre,

La PAC, injuste, asociale et non écologique, connaît une grave crise de légitimité. Il faut arrêter de gaspiller l'argent public dans un modèle agricole industriel à bout de souffle. Il faut investir dans les agricultures d'avenir, riches en emplois et socle de la vitalité de nos territoires. C'est pour cela que nous soutenons une PAC forte, à budget constant, avec un soutien au revenu plafonné à l'actif et àl'exploitation, à même de réconcilier agriculture, emploi, environnement etsanté. Mais si le verdissement annoncé s'avérait trompeur, notre responsabilité à l'égard des contribuables et de la société civile nous obligerait à retirer notre soutien. La France, acteur-clef dans cette négociation, a une lourde responsabilité.

Je vous prie de recevoir, monsieur le Ministre, l’expression de ma mobilisation citoyenne.

############
2 Pétitions ont trait à l'agriculture
Pétition : Pour une agriculture d’avenir en Bretagne et ailleurs, sauvons ensemble la ferme de Coat Keroëc.
PÉTITION : SAUVEGARDE DES OLIVADES
Dans l'e-quotidien de ce jour
photo de la manif contre la centrale à gaz de Guipavas au CG29 hier
sondage du Télégramme : faut-il un moratoire sur la construction de l'EPR
le film Gazland concernant les gaz de chiste sur canal + lundi
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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 22:10

Les « émeutes de la faim » : une lecture (géo-politique) du changement (social)

http://www.cetri.be/spip.php?article1247

 

par Pierre Janin
(30 juin 2009)

En 2008, la faim a fait un retour brutal dans les agendas politiques et médiatiques internationaux et nationaux. Doit-on cependant rappeler qu’elle touche, chaque année, plus de 850 millions de personnes dans le monde ? Avec elle, ce sont les peurs ancestrales, jamais vraiment apaisées, des sociétés (comment se nourrir ?) et des gouvernants (comment les nourrir ?) qui se réveillent. De fait, la facture alimentaire a été difficile à honorer en 2008, pour les familles comme pour les gouvernants. Au fond, elle a servi de révélateur de la vulnérabilité de l’économie de marché et des compromis, nationaux comme internationaux, qui assuraient une certaine cohésion, à défaut de régulation véritable. Elle a montré aussi que les perdants (les pays pauvres à déficit vivrier, importateurs et dotés de peu de ressources) et les gagnants de la crise (pays agro-exportateurs soutenus par de vigoureuses politiques incitatives) ne pouvaient faire cavaliers seuls. Désormais, l’alimentation possède, pour ceux qui en doutaient encore, une indéniable dimension géo-politique.

Au-delà de leur dimension alimentaire (comment acheter ce qui est rare et cher lorsqu’on est pauvre ?), les manifestations sociales, parfois violentes, qui ont émaillé le printemps 2008 ont des racines plus profondes (Ouedraogo 2008) [1].

Interpelés vivement par une frange active des populations urbaines paupérisées, les pouvoirs politiques nationaux ont, en effet, parfois été lents à réagir (Cameroun, Sénégal), pariant sur l’essoufflement du mouvement ; d’autres, au contraire, ont été prompts à saisir le désarroi ambiant réactivant certains ferments nationalistes. C’était sans compter l’effet de contagion et de relance médiatique généré par des médias, avides d’images et de formules chocs (Janin 2008a).

Quels enseignements tirer des événements sociaux dont la paternité a été attribuée, parfois de manière un peu hâtive, à ce que l’on a appelé « la crise alimentaire » ? Quelles en sont les causes immédiates et plus lointaines ? Quels en sont les auteurs ? Ce texte n’entend pas faire un bilan détaillé de la crise mais plutôt fournir quelques clés de compréhension du changement qu’il dévoile et précipite.

1. Une crise alimentaire à facettes

L’année 2008 a été marquée par une très grande instabilité des marchés mondiaux. Les prix des matières premières agricoles, comme des dérivés énergétiques, ont d’abord atteint des sommets au printemps 2008 avant de décroître de manière rapide à l’automne. C’est cette tension mondiale de l’offre et de la demande — annoncée par certains (la FAO entre autres), considérée comme excessive par d’autres [2], pour certaines denrées alimentaires de base, qui a constitué « la crise alimentaire » comme objet.

Les réactions anticipées à certains phénomènes conjoncturels (baisses locales des récoltes, diminution des stocks mondiaux) ont également démultiplié les effets (loi de King). En réalité, cette inflation n’a véritablement touché que la part réduite des céréales (riz, blé, maïs) faisant l’objet d’échanges internationaux [3]. Qui plus est, la transmission de cette hausse des prix aux marchés domestiques s’est effectuée de manière très inégale et décalée. En parallèle, les prix des céréales locales (mil, sorgho, maïs) — faisant l’objet d’une marchandisation importante et ancienne à destination des villes et des pays côtiers — ont eux-mêmes connu une hausse marquée, dans la plupart de capitales africaines alors même qu’aucune pénurie d’envergure n’était annoncée ni relevée. Puis, très vite, dès le mois de juillet 2008, l’indice des prix céréaliers mondiaux s’inversait : après avoir culminé à 281 en février 2008, il retombait autour de 175 en décembre (à un niveau assez proche de la fin de l’année précédente). Ce repli ne signifie pas pour autant une rémission rapide des difficultés alimentaires d’approvisionnement pour les pays (et les catégories) pauvres touchés. Qui plus est, si l’idée d’une régulation mondiale fait son chemin (des stocks ? Un fonds ?), elle n’obère pas le risque d’instabilité.

L’année 2008 s’est achevée avec une progression sensible de l’insécurité alimentaire (+ 44 millions de personnes pour culminer à environ 967 millions d’habitants contre 825 millions en 2004). Au demeurant, la FAO estimait, en avril 2008, que la facture alimentaire pour les pays pauvres à déficit vivrier avait augmenté de 58% depuis le mois de janvier, après une hausse de 37% en 2007.

Ces quelques remarques préliminaires tendent à prouver que la notion de « crise alimentaire » est ambiguë (Granier 2009). Ce phénomène mondialisé doit, en effet, être décomposé en autant de sousobjets que de schémas explicatifs.

Le premier définit la crise de 2008 comme une rupture de tendance sous l’effet d’un ou de plusieurs chocs, subits et exogènes. Dans cet ordre d’idée, elle serait donc un phénomène importé, dont la hausse des prix serait, à la fois, la cause et le résultat. Celle-ci aurait pour effet de favoriser chez les producteurs agricoles, les consommateurs ruraux et urbains et les décideurs politiques, les explications déterministes. Les responsables auraient le mérite d’être faciles à identifier : aléas climatiques (sécheresse et inondations selon les régions) d’une part, actions spéculatives des fonds d’actions sur les commodities. Autant de « boucs émissaires » commodes permettant de réduire la complexité de la crise et de mettre en oeuvre certaines rhétoriques dénonciatrices (vis-à-vis des entreprises agro-alimentaires ou de la FAO par exemple) de nature, par exemple, à détourner l’attention des opinions publiques nationales quant à l’absence de politiques agricoles dignes de ce nom [4] depuis plusieurs décennies.

Le deuxième considère la crise alimentaire comme le résultat d’une rupture des grands équilibres, de l’offre et de la demande, mais pas seulement. Elle exprimerait plus fondamentalement une fragilisation de la résilience des systèmes productifs et marchands sur fonds d’explosion de la demande de consommation céréalière. Les premiers ne disposant plus de marges de manoeuvres suffisantes en terme de productivité : le décalage entre potentialités agricoles et ressources extraites allant de manière croissante ; les seconds ayant délaissé la fonction essentielle de stockage — qui permettait traditionnellement d’amortir les effets des crises localisées dans le temps et dans l’espace — pour fonctionner à flux tendus [5]. Ceux qui soutiennent cette thèse possibiliste auraient donc une vision plus réactive et plus alarmiste. Dans cette mouvance, resurgit le vieux débat entre agricultures familiales vivrières et monocultures d’exportation, sous une forme actualisée : la production d’agrocarburants de première génération serait la principale cause de la hausse des prix alimentaires depuis 2002 [6].

Le troisième, enfin, envisage la crise alimentaire comme un système complexe, multi-échelles et multi-acteurs, au carrefour des champs sociaux, économiques et politiques, mettant à mal l’ensemble des scenarii établis. Cette conception a quelque fondement si l’on relève les difficultés éprouvées par les experts pour saisir toutes les ramifications de la crise alimentaire, aggravée par la crise énergétique et financière. Qui peut, en effet, se targuer d’avoir prédit une si grande volatilité des prix alimentaires (à la hausse puis à la baisse) ? Comme si par une sorte d’ironie, le perfectionnement des modèles prédictifs du risque [7] ne parvenait pas à lever le champ des incertitudes. Ainsi conçue, la crise alimentaire fonctionnerait comme un objet autonome, celle de l’accumulation de péjorations et de dysfonctionnements structurels dont on ne découvrirait que tardivement les interactions et les rétroactions négatives. En effet, que penser des replis protectionnistes que la crise aura favorisé : le marché mondial du blé s’est rétréci d’un tiers et la situation était encore pire pour le riz [8] ? Parallèlement, d’autres ont semblé (re)découvrir les dérives de modèles agricoles basés la spécialisation culturale des aires géographiques, selon la théorie des avantages comparatifs, dont la mise sous tutelle de vastes emprises foncières (à l’instar des grandes plantations coloniales) ne serait qu’un des derniers avatars, au détriment d’une autosuffisance alimentaire minimale. Que penser également de la diffusion de modèles alimentaires, valorisant socialement la consommation de viande, fortement consommatrice des céréales ?

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 21:35

Un enfant meurt de faim toute les 5 secondes ! Jean Ziegler condamne les agrocarburants

source: http://www.legrandvillage.com/post/geopol/un-enfant-meurt-de-faim-toute-les-5-secondes-jean-ziegler-condamne-les-agrocarburants/

by LGV on 11/11/2009


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Jean Ziegler est le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation (des populations) du Conseil des droits de l’homme de l’ONU de 2000 à mars 2008. Il a détaillé son rapport à la tribune des Nations Unis, lors de cet exposé, Jean Ziegler a qualifié de « crime contre l’humanité » le fait d’abandonner les cultures vivrières au profit des biocarburants. Cet homme politique est un des rares qui ne pratique pas la langue de bois, il nomme ceux qui participe à améliorer la condition des plus pauvres, mais aussi ceux qui en profitent. Pour ces raisons et pour son message, je pense qu’il est de mon devoir d’écrire cet article pour permettre au plus grand nombre de ne plus dire : « je ne savais pas ».
En tant que rapporteur spécial, Jean Ziegler a étudié le niveau d’alimentation des populations de nombreux pays (Niger, Éthiopie, Inde, Bangladesh, Mongolie, Brésil, Palestine, Guatemala, …). Les rapports sur la situation de l’alimentation et de la malnutrition dans ces pays sont disponibles sur le site des Nations unies. Il a effectué lui même de nombreux voyages pour se rendre compte de la situation, dont certains ont provoqué des controverses quand aux résultats. En effet les États-Unis n’ont pas tellement appréciés d’être montrés du doigt comme responsables des difficultés de Cuba à nourrir sa population. Pourtant malgré ces obstacles Cuba nourrit tout ses citoyens, chichement mais il les nourrit, ce qui n’est pas le cas des USA.

Pour résumer l’intervention de Jean Ziegler, le titre se suffit à lui même. Mais je vais tout de même développer. Je conseille vivement de regarder la vidéo pour avoir l’intégralité du discours passionné. Ainsi comme le titre l’indique, dans notre société mondiale soit disant moderne, un enfant de moins de dix ans meure de toute les cinq secondes ! Bien sûr inutile de dire que cela ne se passe pas dans nos confortables pays où depuis notre salon nous laissons un gouvernement d’extrême droite refouler quelques uns de ces malheureux qui fuient leur pays pour ne pas mourir. Nous avons peur de ne pas avoir assez ! Voilà le grand problème des pays occidentaux conditionnés par le capitalisme de la consommation à tout prix. Pour ne pas parler que des enfants, il est aisé de se rappeler qu’aujourd’hui, 100 000 personnes meurent de tout les cinq jours.

Le problème n’est absolument pas à cause d’une imaginaire surpopulation comme certains esprits malléables le croient. Avec la production agricole mondiale actuelle, si tout le monde consommait 2500 calories par jour (2500 étant la quantité idéale entre la sous alimentation et la sur-alimentation pouvant provoquer l’obésité et de nombreux problèmes de santé), nous pourrions nourrir 12 milliards d’êtres humains. Le problème se situe encore une fois dans la trop grande consommation des pays occidentaux et la peur de manquer. Il est insupportable de nous voir nous empiffrer de Mc Donalds et Cie lorsque d’autres n’arrivent pas à ingurgiter les 200 grammes de riz leur permettant de survivre. Il est insupportable de voir une société d’obèses qui s’empiffrent jusqu’à « exploser » lorsqu’il y a tant de gens qui vivent dans la douleur de la . Bien sûr ce n’est pas totalement notre faute, nous sommes conditionnés pour remplir au maximum nos estomacs et les comptes bancaires des grandes entreprises qui préfèrent vendre un Giant à 4€ qu’un sac de riz (de 30kg) pour 2€. Mais le fait de ne pas réagir fait que l’on cautionne, nous sommes de gentils complices qui ne peuvent plus ignorer le mal que nous faisons. Nous devons réagir et montrer à ces multinationales que nous n’acceptons plus d’être gavé pour leur permettre de manger du fois gras à noël.

Un point est alarmant, l’augmentation exponentiel des prix ces dernières années ! Effectivement les denrées de bases (céréales) ont augmenté de 45% en moyenne depuis deux ans. Une tonne de blé coutait 210USD en 2007 et coute aujourd’hui 385USD, soit une augmentation de 84%. Pour donner une image simple, l’Afrique subsaharienne a importé en 2007 pour cinq milliard d’USD de blé (parce que la banque mondiale leur impose des types de cultures pour l’exportation ne nourrissant pas leur population, mais cela fera sans doute l’objet d’un prochain article). En 2008 pour obtenir les même quantités de blé, ces pays devront débourser 8 milliards d’USD !

La raison de cette augmentation est simple, Jean Ziegler estime que 80% de l’augmentation est due à la transformation de céréales en agrocarburants. La demande croissante des USA et de l’Union Européenne, ainsi que la valeur ajoutée des bioéthanols et biodiesel ont provoqué cette augmentation vertigineuse qui provoquera la mort de 12 millions de personnes. Les agrocarburants assassinent 12 millions de personnes ! Cela pour les voitures européennes et américaines. Il est important d’y penser lorsque nous prenons notre voiture pour accompagner nos enfants à l’école du quartier ou pour aller chercher notre baguette. Nous devrions avoir un compteur des vies supprimées à coté de la jauge du réservoir. Les agrocarburants nous sont entièrement destinés alors que nous ne les avons pas demandé. Nous sommes complices de ces meurtres. Jean Ziegler considère que la transformation en agrocarburants des aliments devrait être interdite. Le Brésil montre l’exemple en transformant des matières non alimentaires. Les agrocarburants ne devraient être produits qu’à partir de déchets, mais cela couterai plus cher et donc réduirai les marges des grandes compagnies. Un petit rappel parlant : pour obtenir un plein de bioéthanol (50l), on transforme 350kg de maïs, ce qui correspond à la consommation d’un africain pour un an. Encore une fois, pensons y lorsque nous tournons la clef de contact !

Autre problème majeur qui résulte directement de la hausse des prix : l’aide alimentaire internationale a un budget fixe alors que les prix ont augmentés de 45%. Un choix difficile devra donc être pris, soit réduire le nombre de personnes aidées en laissant mourir la moitié des autres, ou réduire les portions données, ce qui provoquera une augmentation des maladies chroniques.

Enfin autre point mentionné par Jean Ziegler, et non le moindre, le dumping agricole. L’Europe subventionne nos agriculteurs pour réduire les prix et compenser leur perte de revenus dus à cette réduction. Ce dumping provoque une exportation de produits à des prix imbattables qui provoque la ruine des paysans pauvres. Le dumping agricole européen est directement responsable de 200 millions de pauvres dans le monde. Le bottom milliard, le milliard d’habitant de notre planète le plus pauvre est resté aussi pauvre depuis 30 ans pendant que nous avons triplé notre capacité d’achat.

Nous vivons sur la même planète, capable de nourrir tout ses enfants, nous faisons partie d’une même société où la convoitise de certains provoque la famine et la mort d’une majorité d’autres. Nous devons agir et ne plus accepter cela. Ce n’est pas une fatalité, nous sommes en partie responsable de cet état de faits. Agissons pour forcer nos politiques à faire des lois contraignantes pour empêcher ces multinationales gourmandes de crime contre l’humanité. Je termine, comme Jean Ziegler, sur une citation de JJ Rousseau fort à propos :

« Entre le faible et le fort, c’est la liberté qui opprime et la loi qui libère »

Du 16 au 18 novembre se tiendra à Rome le sommet contre la fin. A cette occasion une grève de la contre la fin est organisée. Si vous ne pouvez pas participer à cette manifestation, vous avez le devoir de leur manifester votre soutien en signant la pétition : http://www.1billionhungry.org/

source : LGV

livre à ce sujet : La faim dans le monde expliquée à mon fils[ad#AS petite banniere]

Si vous avez aimé cet article, je vous recommande :

  1. Agrocarburants ou biocarburants, ils ne sauveront ni la voiture ni la planète.
  2. Au Ghana les pêcheurs sont équipés d’appareils photos
  3. Le Pape Benoit XVI, à droite toute …

Le pape dénonce la faim dans le monde

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/10/15/97001-20101015FILWWW00412-le-pape-denonce-la-faim-dans-le-monde.php

AFP
15/10/2010 | Mise à jour : 12:52 Réactions (19)

Le pape Benoît XVI a dénoncé aujourd’hui les difficultés rencontrées dans la lutte contre la faim dans le monde "quand les attitudes de solidarité font défaut", dans un message adressé au directeur général de l'Organisation de l'ONU pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), Jacques Diouf.

"Les pays développés doivent avoir conscience que les besoins grandissants du monde nécessitent des niveaux importants d'aide de leur part. Ils ne peuvent pas simplement restés fermés aux autres: une telle attitude n'aiderait pas à résoudre la crise", a insisté le pape.

"Tout le monde doit s'engager à donner au secteur agricole l'importance qui lui est due (...) Tout le monde doit donner la priorité à l'un des buts les plus urgents de l'humanité: se libérer de la faim", a-t-il ajouté.

Cette annonce du pape intervient à l’aube de la Journée mondiale de l'alimentation qui aura lieu demain.

Jean Ziegler : « Le dumping agricole doit disparaître »

« Malgré les nombreuses promesses pour éradiquer la faim dans le monde, il y a peu des progrès pour réduire le nombre de victimes de la faim » a affirmé le rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation.

 

Une après l'autre, Jean Ziegler égrène les causes profondes de la faim : le dumping agricole, les lois inégales du commerce international, la dette extérieure. Aujourd'hui, son réquisitoire contre les subventions agricoles accordées aux paysans occidentaux.

(Interview : Jean Ziegler, rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation. Des propos recueillis par Walter Mulondi)

 

LE DUMPING AGRICOLE

 

Au cœur de l’âpre débat sur la libéralisation de l’agriculture secouant actuellement l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), les pays en voie de développement (PEVD) et de nombreuses ONG émettent de vives critiques contre les distorsions de concurrence suscitées par le protectionnistes des grandes puissances, américaine et européenne en tête. Dans le schéma communautaire, les nombreuses subventions à l’exportation mises en place par la PAC sont montrées du doigt et accusées d’encourager un commerce inéquitable. La solution se trouve-t-elle dans une libéralisation plus large des marchés agricoles communautaires ? Le point avec plusieurs acteurs du secteur.

 « Nous sommes les grands perdants de la réforme »

Le 24 novembre dernier, le Conseil des ministres de l’Union européenne annonçait une baisse de 36 % du prix du sucre, accompagnée d’un paiement compensatoire correspondant à 64,2 % des pertes encourues par les producteurs. Cette mesure n’aura pas seulement des conséquences sur le marché communautaire. Les pays de la zone ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) qui bénéficiaient d’un accès privilégié au marché européen depuis 1975 pourraient grandement en souffrir. Désormais, ces nations devront entrer en concurrence avec des producteurs de canne à sucre de la taille du Brésil ou de la Thaïlande. Dans un communiqué du même jour, le groupe ACP taxait la mesure européenne « d’outrageante », jugeant les promesses de compensation « insuffisantes ». George Bullen, ambassadeur des Etats des Caraïbes de l’Ouest à Bruxelles, a déclaré qu’il s’agissait d’un « jour noir pour l’industrie sucrière » et que cette décision « lançait un message de désespoir aux petits producteurs de canne à sucre ». Selon le groupe ACP, la vente de sucre représente l’une des principales sources de revenus des PEVD. Bullen a par ailleurs souligné que la mesure est « contraire à l’agenda fixé pour les objectifs de développement du millénaire et par le cycle de Doha » et que « l’UE ne peut espérer voir progresser les négociations de Hong Kong aux dépens des pays ACP ».

 

sourcehttp://www.cafebabel.fr/article/15405/la-fin-du-dumping-agricole.html 

 

Proposition pour une nouvelle politique agricole et alimentaire européenne

Bruxelles, mardi 13 juillet 2010


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Proposition

Pour une nouvelle politique agricole et alimentaire européenne

qui relèvera les défis de ce siècle

  11 juin 2010

Le présent document est le produit de travaux menés en collaboration par des chercheurs en sciences sociales, spécialistes de politiques agricoles en activité dans plusieurs États membres de l’Union Européenne.

Ces travaux ont été lancés par le "Mouvement européen pour la souveraineté alimentaire et une nouvelle PAC" ( 1), mais le contenu n’a été développé et approuvé que par des contributeurs et signataires du monde universitaire.

Le texte sera disponible le 21 juillet sur http://www2.dijon.inra.fr/esr/pages...

Les recherches ont été financées par Oxfam/Novib, les Pays Bas et les Amis de la Terre Europe

Coordonnateurs :

Jean-Marc Boussard, ancien directeur de rechercher à l’INRA, France (jmarc.boussard@orange.fr)

Aurélie Trouvé, maître de conférences à AgroSup Dijon, France, (atrouve@enesad.inra.fr)

Autres contributeurs (ordre alphabétique) :

Gilles Bazin, professeur à AgroParisTech, France (4ème Partie)

Jacques Berthelot, ancien maître de conférences à ENSAT, France (3ème Partie et Annexes 1 et 4)

Lucien Bourgeois, consultant, France (1ère et 4ème Parties)

Sophie Devienne, maître de conférences à AgroParisTech, France (Annexe 3)

Krzysztof Gorlach, professeur à l’Université Jagiellonian, Cracovie, Pologne (1ère et 2ème Partie)

Vicki Hird, consultant, Royaume-Uni (Annexe 2)

Stéphane Parmentier, consultant, Belgique (3ème Partie)

Paul Silcock, consultant, Royaume-Uni (1ère Partie)

Anna Witowska, consultante, Pologne (1ère Partie)

Greet Goverde-Lips, secretaire de Platform Aarde Boer Consument, Pays Bas, qui a facilité la mise en œuvre et les traductions (h.goverde@chello.nl).

Premiers signataires du Résumé :

Niek Koning, Université de Wageningen, Pays Bas

Onno Poppinga, emeretieter Prof. des Fachgebiets Landnutzung und regionale Politik, Université de Kassel, Allemagne

Jean-François Sneessens, Université UCL, Belgique

Bruno Guermonprez Enseignant Politiques Agricoles, ISA, Lille, France.

Gerhart Hovorka Bundesanstält für Bergbauernfragen, Autriche

Jean-Christophe Kroll Professeur dӎconomie, Agrosup, Dijon, France

Janice Jiggins, guest researcher, Communication and Innovation Studies, Wageningen University, Pays Bas.

Thierry Pouch Chercheur associé, Université de Reims, Champagne Ardennes, France.

Christian Mouchet, professeur d’économie rurale émérite, Agro campus Ouest, France

Jacques Marzin CIRAD, France

(1) Réseau d’organisations européennes et nationales pour différents secteurs : Coordination européenne Via Campesina , Amis de la Terre Europe, Réseau européen ATTAC, European Agriculture and Health Consortium, Unité Greenpeace UE , Food and Water Europe, Flemish platform VODO, Platform ABC Pays Bas, Oxfam solidarité Belgique, Terra Nuova, Alliance Hongroise pour la souveraineté alimentaire, UK Food Group, réseau d’action semences allemandes, … .

RÉSUMÉ

Le présent document a pour but de contribuer au débat public lancé par l’Union Européenne (UE) sur le futur de la Politique agricole commune (PAC) d’après 2013. Nous souhaitons que cette contribution souligne la nécessité de transformer profondément la PAC et de préserver des outils réglementaires solides au niveau européen.

L’histoire de la PAC comporte des succès et des échecs dont on peut tirer des leçons importantes dont nous devons tenir compte. Elle est désormais confrontée à deux types de difficultés : locales et internationales. Ces réflexions conduisent à une série de propositions.

I – Les leçons de l’histoire

Il y a eu deux versions de la PAC :

• la version de 1960, qui a été en réalité la poursuite et l’adaptation des anciennes politiques nationales, qui avaient elles-mêmes été inspirées par la politique agricole des États-Unis progressivement développée par les conseillers du Président Roosevelt dans le sillage de la grande crise des années 30 et :

• la version de 1992, visant à la déconstruction de la précédente, pour laisser les marchés décider de ce qu’il fallait produire, et comment.

La PAC de 1960 a réussi à éviter la famine en Europe, qui représentait une menace sérieuse en 1945. Elle a permis d’opérer en douceur le transfert de main d’oeuvre de l’agriculture à d’autres activités, dans un contexte de croissance économique rapide. Elle a ouvert la voie à un modèle d’agriculture familiale à forte intensité de capital, une nouveauté bienvenue dans le secteur agricole. Elle a eu néanmoins des effets collatéraux très désagréables, d’abord en encourageant l’épuisement inutile des ressources naturelles et ensuite, parce qu’elle a conduit à une surproduction insupportable qui a dû être détruite ou bradée sur les marchés internationaux, empêchant ainsi de nombreux pays en développement d’exploiter leurs propres avantages comparatifs en agriculture.

La PAC de 1992 a été une réaction aux problèmes ainsi créés. Mais plutôt que d’analyser les causes qui avaient conduit à cette situation, les responsables de la nouvelle politique sont simplement revenus au statu quo ante, autrement dit à une suprématie des marchés. Or celle-ci était justement à l’origine des désastres ayant entraîné la nécessité des politiques du type de la PAC 1960. Les mêmes causes conduisant aux mêmes effets, nous avons récemment vu les marchés aboutir à une volatilité aussi forte qu’au 19ème siècle, avec tous les problèmes associés concernant la sécurité alimentaire, en particulier pour les pauvres. En même temps, on n’a résolu ni les problèmes de coûts budgétaires de la PAC, ni le problème des ressources naturelles, parce qu’il est utopique (et contraire à la théorie économique élémentaire) d’avoir deux marchés différents pour deux produits liés (les marchandises d’une part, et les externalités de l’autre).

Il est donc temps d’attaquer et de traiter les racines du problème : les avantages d’isoler l’agriculture des marchés et les difficultés engendrées par une gestion maladroite des substituts du marché.

Ceci impose de relever deux types de défis.

II - Les difficultés intérieures de la PAC 2013

Les défis socio-économiques européens : • La sécurité alimentaire : l’UE connaît toujours un déficit et la balance commerciale parait très déséquilibrée en termes de produits. Tel est particulièrement le cas pour les fruits et les plantes oléagineuses. L’objectif de la sécurité alimentaire européenne reste défini en termes de prix agricoles abordables pour les consommateurs. Les prix à la consommation n’ont, toutefois, pas diminué autant que les prix à la production, et l’ écart entre les deux continue de croître.

• L’emploi et les revenus agricoles : au cours des dernières 60 années, le seul objectif parait avoir été de réaliser des économies de main d’oeuvre sans diminuer les intrants matériels et industriels. Il en est résulté une réduction substantielle de l’emploi dans l’agriculture et une forte concentration de la terre et du capital dans des exploitations de plus en plus grandes. Cette question se pose dans une situation de chômage de masse, à un moment où les ressources en carburant fossile sont limitées.

• Problèmes de nutrition et de santé : les choix alimentaires des consommateurs, qui sont fortement déterminés par le prix et l’accessibilité, ont engendré de plus en plus de problèmes liés à l’obésité et autres problèmes de nutrition.

Les défis environnementaux européens :

• Agriculture, changement climatique et demande croissante d’énergie. L’agriculture sera affectée par les impacts du changement climatique, qui deviendront plus marqués et fréquents. Toutefois, l’agriculture est elle-même, directement et indirectement, responsable du changement climatique. L’agriculture intensive devient de plus en plus vulnérable à des pénuries qui se multiplient. Aussi bien dans l’agriculture que dans les transports, les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites en développant les productions et consommations d’aliments locaux.

• Agriculture et perte de la biodiversité. La grave perte de biodiversité actuellement observé est partiellement le produit d’une agriculture toujours plus intensive. L’impact négatif de l’agriculture doit être réduit pour qu’elle devienne plutôt un réservoir de biodiversité.

• Agriculture et dégradation de la qualité de l’eau. La pollution causée par l’agriculture et une demande croissante d’eau d’irrigation sont à l’origine de problèmes de qualité et quantité de l’eau. L’utilisation d’intrants plus appropriés devrait permettre de réduire la demande d’eau ainsi que la pollution de celle-ci.

• Agriculture et détérioration des sols. L’augmentation de matières organiques par des moyens naturels, la réduction des labours et l’élection de types spécifiques de rotation devraient permettre la préservation des terres agricoles, de leurs capacités de production, de leur valeur environnementale et de leur rôle pour l’entretien des paysages, tout en préservant la qualité des sols.

• Les conséquences particulières du mode européen d’alimentation animale. Les importations massives d’aliments pour animaux, notamment de grains de soja, ont été dénoncées comme facteur essentiel de déforestation en Amérique du Sud. Dans l’Union Européenne, ces importations sont liées au développement d’un mode de production intensif conduisant à des dommages environnementaux et sociaux considérables. Les moyens de traitement de ces problèmes comprennent la recherche de sources alternatives d’aliments protéinés, le changement des modes de production et la réduction des volumes de production du bétail.

Ainsi, compte tenu des difficultés environnementales et nutritionnelles auxquelles l’humanité doit désormais faire face, le changement des méthodes de production est une nécessité. Il faudra pour cela des exploitations agricoles à plus forte intensité de main d’oeuvre, une répartition mieux équilibrée de la production agricole dans toute l’Union Européenne et la diversification de la production dans toutes les régions.

III – Les défis internationaux

Dans la mesure où la grande majorité des 1,02 milliards de personnes sous-alimentées vivent dans les pays en développement et dépendent directement ou indirectement de l’agriculture pour leurs moyens de subsistance, l’éradication de l’extrême pauvreté et de la faim repose en grande partie sur l’amélioration des conditions de vie des agriculteurs et travailleurs agricoles des pays en développement. Cette amélioration implique l’adoption de mesures diverses à l’échelle des instances internationales, régionales et nationales directement ou indirectement compétentes an matière d’agriculture et d’alimentation. Cette nécessaire remise en cause des politiques concernées vaut notamment pour l’UE.

La libéralisation des frontières prônée par l’UE dans le cadre des programmes d’ajustement structurel (PAS) de la Banque mondiale et du FMI, de l’OMC et d’accords bilatéraux, a entre autres ouvert les portes des pays en développement à des importations à bas prix, notamment en provenance d’Europe. À ce niveau entre en scène la PAC, principalement au regard du dumping économique à l’exportation massif qu’elle engendre dans les pays concernés.

La Commission Européenne nie la responsabilité de la PAC dans la pauvreté et la faim des populations rurales des pays en développement, soutenant que les réformes successives de cette politique depuis 1992 ont pour l’essentiel mis un terme au dumping agricole de l’UE. Toutefois, tout au long de cette période, la plupart des denrées agricoles exportées par l’UE l’ont été à des prix bien inférieurs à leurs coûts moyens de production. Au cours des 15-20 dernières années, le dumping agricole de l’UE a entre autres concerné les céréales (y compris le blé) et les produits à base de céréales, le lait et les produits laitiers, le sucre, la volaille et la viande bovine. Il a eu de graves conséquences dans les pays en développement, dont ceux d’Afrique subsaharienne, en privant les producteurs locaux de débouchés et donc de moyens de subsistance, en empêchant la création de filières alimentaires locales et en contribuant à de nombreuses poussées soudaines d’importations dans ces pays.

Bien que des développements récents suggèrent qu’il convient aujourd’hui de relativiser l’ampleur de la concurrence insoutenable que le dumping agricole de l’UE continue d’exercer sur bien des pays pauvres, il ne fait aucun doute que cette pratique porte une part de responsabilité significative dans la crise alimentaire et son aggravation. Pour contribuer à l’éradication de la faim, l’UE devrait tout d’abord reconnaître le droit à la protection à l’importation dans le cadre des PAS, de l’OMC et dans les accords bilatéraux (incluant les APE). Parallèlement, l’UE doit mettre fin au dumping agricole dont la PAC est responsable. Un pas important dans cette direction serait la mise en place de systèmes efficaces de gestion de l’offre, fondés sur le contrôle public de la production et une protection variable aux frontières.

IV – Les propositions

• En premier lieu, oeuvrer pour un nouveau cadre international pour les marchés agricoles, suivant des principes démocratiques et répondant aux besoins sociaux et écologiques. La logique de l’OMC, des accords bilatéraux de libre échange et des politiques de la Banque Mondiale et du FMI est mise en doute par nombre de pays en développement. Ces pays ont droit au développement et méritent d’être aidés face à leurs besoins sociaux et écologiques. La PAC n’est donc pas contrainte de se soumettre scrupuleusement aux obligations de l’OMC. Au contraire, l’UE doit être favorable à un cadre nouveau plus démocratique pour le suivi multilatéral des marchés agricoles, basé sur une communauté d’intérêts et la coopération entre pays, sur les nécessités sociales et écologiques et sur le droit à la souveraineté alimentaire.

• Gestion des stocks et des flux : elle reste un outil essentiel pour orienter la production et empêcher les fluctuations excessives des prix. Des stocks d’exploitation suffisants pour garantir la sécurité alimentaire doivent être autorisés. Des mécanismes sont requis pour permettre de gérer l’offre. Des garanties de prix doivent couvrir les coûts mais elles devraient être adossées à des limites de production du même ordre de grandeur que la consommation locale. D’autres outils doivent être en outre autorisés - éventuellement comprenant des quotas de production - pour contrecarrer la concentration des activités agricoles, les risques environnementaux et les retombées sociales adverses.

• Des mesures aux frontières sont nécessaires en raison de la volatilité des marchés mondiaux. Pour assurer la stabilité des prix agricoles et compléter les instruments de gestion de l’offre cités plus haut, le droit à la variabilité des tarifs doit être lié à l’obligation de ne pas exporter de produits, quels qu’ils soient, à des prix inférieurs au coûts de production européens. Il y a là une condition nécessaire à la légitimité internationale de la PAC et au maintien de la durabilité des exploitations familiales de l’Europe, dont les coûts de production sont supérieurs à ceux de beaucoup de pays tiers.

• Les résultats des marchés doivent refléter les réalités économiques des filières de produits. Les relations entre producteurs, transformateurs et détaillants doivent être réorganisées pour rendre les marges plus transparentes et la répartition de valeur ajoutée plus équitable. Seuls les pouvoirs publics peuvent aider à rétablir cet équilibre des pouvoirs. Ce type de réorganisation signifie que la loi européenne sur la concurrence doit être revue et que la Commission doit reconnaître la nature spécifique des marchés agricoles.

• Les mécanismes d’assurance doivent être renforcés mais ne sauraient remplacer l’intervention publique. Les politiques d’assurance sont efficaces contre l’accroissement des risques climatiques et de santé, mais il est coûteux et erroné de croire que l’assurance du chiffre d’affaires peut remplacer une intervention publique quand les prix sont en cause.

• Rémunérer les biens publics sociaux et environnementaux. Les paiements uniques aux exploitations sont politiquement inintelligibles et socialement inacceptables pour les producteurs comme pour les contribuables. Rien ne justifie la scission de la PAC en deux piliers, dont l’un s’efforcerait de réparer les dommages à l’emploi et à l’environnement causés par l’autre. Le soutien doit être rattaché aux produits. La PAC devrait faire appel à des incitations plus fortes pour assurer un meilleur soutien à l’agriculture, avec une solide base environnementale (faibles intrants, systèmes de pâturages, culture organique...) Si les prix sont garantis à un niveau couvrant les coûts de production, les subventions ne devraient être allouées qu’aux producteurs dont les coûts de production sont les plus élevés, parce qu’ils travaillent dans des lieux moins favorables, à ceux qui ont des résultats supérieurs en termes de durabilité qu’il n’est requis par les règles de base, éventuellement aux agriculteurs travaillant dans de très petites exploitations et aux exceptions du même ordre. Les règles de santé environnementale et animale imposées par les lois européennes doivent obliger tous les exploitants.

• Soutien à la demande de produits de grande qualité pour une alimentation à forte valeur nutritive. L’Europe doit développer une politique de soutien alimentaire plus systématique ciblée sur des catégories sociales spécifiques et des produits à grande valeur nutritive. Une part du soutien de la PAC pourrait aussi servir à soutenir des filières régionales ou nationales de produits de qualité.

• La réforme des outils budgétaires. La gestion du budget de la PAC doit être bien plus souple afin que les ressources puissent être ajustées aux besoins et traiter les crises (en matière de santé, de climat ou sur les marchés)

 

source: http://www.eurovia.org/spip.php?article343

 

 

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 07:37

Cette semaine, Romillé fête l'environnement,

et le thème retenu cette année est la biodiversité

 

Vendredi soir, au cinéma Korrigan (20 h 30),

vous pourrez voir le film de Coline Serreau :

 

"Solutions locales pour un désordre global"

 

suivi d'un débat avec Nicolas Supiot, fondateur du Réseau Semences Paysannes. 

 

(Pour plus de renseignements sur la semaine de l'environnement : mairie 02 99 23 24 59)

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 22:14
Bonjour à toutes et tous, Les deux associations maxentaises "Maxent Autrement" & "M.A.R.C.H.E. organisent le premier festival "On l'ouvre à la ferme" Il s'agit d'un festival des arts de la parole (chants et contes). Sa particularité : Il se déroule en partie dans une ferme, le GAEC de Catillan, pour la joute contée du samedi soir. Dans la campagne et le bourg pour la balade contée & chantée du dimanche matin. Dans la salle des fête pour le repas chanté du dimanche midi. La présence de Roger le Contou et Fred le Disou, les deux célèbres compères de France Bleu Armorique et de TV Rennes 35, fait de cet évènement une occasion unique de les rencontrer de façon fort sympathique, ne ratez pas cette occasion ! Merci de diffuser, re-diffuser, re-re-diffuser ce message à vos multiples contacts, même s'ils sont loin et qu'à priori ils n'ont aucune chance de venir à Maxent, les chemins d'internet étant tellement tortueux qu'on ne sait jamais, il se peu qu'un voisin le reçoive d'un de ses contact de Mars ou d'ailleurs, allez savoir !!! Dans tous les cas, parler du festival, ne peut nous faire du mal ! Armel TEXIER Conteur Traditionnel Les jardins du Châtel 35380 Maxent 02 99 06 75 31 06 313 653 06 armel.texier@orange.fr http://www.myspace.com/armeltexier http://armel.texier.monsite.orange.fr http://broceliandegite.blogspot.com Association M.A.R.C.H.E. http://assomarche.blogspot.com/
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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 22:49
Première usine de méthanisation à s'installer en Bretagne, le lendemain de l'inauguration,nous sommes allés visiter les locaux, Anne, sa petite famille et moi, représentant  l'association "les Colocaterres" basée à Bécherel, dont les membres se sont donné pour but de promouvoir le "développement durable", les énergies altenatives, etc......
en organisant des visites, conférences, réunions diverses...........

Le temps de prendre quelques photos documentaires sur cette installation importante et c'est partit pour la visite

Présentation de la plaquette donnée par Methafrance

Pour fonctionner le Digesteur a besoin

- De déchets de l'agroalimentaires (graisses etc....), on pourrait y mettre des boues d'épuration
- De cultures énergétiques, (matières azotées)

- De déjections animales

Le mélange est apporté de façon alléatoire c'est-à-dire qu'il n'y a pas de proportions à respecter dans le mélange, le digesteur est brassé par des pales qui incorporent au mélange ce qui vient d'être apporté des trémies par des vis sans fin

Le biogaz se dégage alors

Une membrane géante sert de soupape (chapiteau vert)
Le biogaz fait fonctionner la cogénération, (très bruyant) qui produit de l'électricité (vendue à EDF)
1 million de KWT/H par an prévu en production.

Les turbines sont refroidies par de l'eau qui devient chaude à son tour, Cette eau réchauffe
 -le digesteur
-L'élevage de 170 truies
-La maison
40% de cette eau chaude est perdue, on est obligé de la refroidir, dommage, qu'il n'y ait pas de serres à côté car c'est une véritable perte.
on pourrait chauffer également des bâtiments collectifs afin de rentabiliser le tout.
Investissement 800 000 euros dont 300 000 euros d'aides diverses (FEDER, ADEME, Conseil régional de Bretagne, Conseils régionaux Bretons, etc......)
Retour sur investissement sur 4 à 5 ans,

Le méthane ne peut être vendu, car Gaz de France ne fait pas de proposition de rachat.


Intérêt de cette installation: diversification des sources de revenus pour l'agriculteur
Réduction des gaz à effet de serre

Le résidu après méthanisation dans lequel il  reste les nitrates, les acides sulfuriques qui sont précipités au préalable, etc.......est épandu sur les terres,
Il y a peu d'odeurs, autour de cette installation

Un éloignement de 300 M de toute habitation est obligatoire (risques à cause du gaz)


À Saint Gilles du Mené, c'est un groupement d'agriculteurs qui construit cette installation,

qui va devenir une source  de revenus supplémentaire pour les agriculteurs?

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