Martine Frappin est candidate ps aux élections de 2008, pour le canton de Montauban-de-Bretagne. Femme de gauche avant tout, elle est particulièrement engagée dans les questions de l'environnement et du développement durable.
Venant compléter cette politique « verte », les magasins Ikéa commercialisent des « paquets plats », permettant de réduire, selon eux, le nombre de trajets au cours de la phase de distribution. La société s'est engagée en parallèle à convertir toutes ses voitures de fonction en « carburants propres » d'ici 2010. Pour asseoir sa vocation écologique, Ikéa a mis en place des partenariats avec des organismes de défense de l'environnement, notamment avec le WWF (1) et l'ONF (Office national des forêts). L'enseigne collabore également au projet « Sow a Seed » destiné à réhabiliter 18 500 ha de forêt tropicale dans l'île de Bornéo, durement touchée par la déforestation.
Pourtant, malgré cet engagement affirmé, et réaffirmé, pour la protection de la planète, le groupe s'apprête à lancer la construction d'une plate-forme logistique dont les retombées environnementales seront dévastatrices pour la faune et le flore locales. Destiné à approvisionner les magasins du sud de l'Europe, le projet doit s'implanter dans la région de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), située à la frontière entre la Camargue et la plaine de la Crau, dernier vestige de steppe sauvage en France.
27 hectares de ces espaces naturels sauvages vont ainsi être sacrifiés. Une note salée que de nombreuses espèces végétales, majoritairement des orchidées sauvages, vont payer au prix fort. Les travaux d'aménagement, de nivellement et de drainage rendront le paysage inhospitalier pour cette flore, dépossédée de mares printanières vitales sous ces latitudes ensoleillées. La faune sera également touchée, à l'exemple des populations d'oiseaux privés de leur site de nidation.
Ce n'est pas la première fois que cette zone écologiquement sensible pâtit de lobbying industriels. Terrain de prédilection du Port Autonome de Marseille (PAM), Fos-sur-mer, malgré sa richesse naturelle, a été convertie en pôle industriel. En 2006, elle a accueilli 941 000 équivalents-conteneurs, dont 80% furent transportés par camions. Pour 2020, le PAM prévoit de recevoir près de 4 millions de conteneurs par an, dont 60% à moyen terme continueraient à être acheminés par voie routière. Des chiffres qui représentent un véritable désastre pour les milieux naturels environnants, d'autant moins acceptable face à l'attitude d'Ikéa, lequel prône sans vergogne une politique éco-responsable de transport.
Pour permettre la réalisation de ces sites, les études d'impacts sont fréquemment ″bâclées″. Dans le cas présent, Ikéa et le PAM ont fait l'impasse sur la conduite d'eau destinée à l'alimentation de l'entrepôt principal, dont il est peu probable qu'elle soit sans incidence pour l'écosystème visité. Des négligences pour le moins arrangeantes comme le souligne avec justesse l'organisation Naccica (Nature et Citoyenneté Crau Camargue) car « Pour chaque espèce passée sous silence, le PAM et les entreprises complices s'épargnent autant de demandes d'autorisation de destruction et de dépenses en mesures compensatoires ». Qu'il s'agisse d'une complicité voulue d'Ikéa ou d'une erreur de parcours, le carton rouge est de rigueur.
Cécile Cassie